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EDITO | Structurelle ou conjoncturelle ?
Structurelle
ou conjoncturelle ?
Quelles peuvent être les
conséquences à long terme de la crise financière de 2008-2009 sur
l’économie
des
transports ? Au-delà de l’effet direct de la chute de la production industrielle
survenue fin 2008 –
qui aura
occasionné un recul sans précédent des flux de transport au niveau mondial-,
aucune étude
n’a
encore été publiée en effet, pour décrypter les conséquences structurelles de
cette crise ou
pouvoir
la situer dans un contexte historique – simple accident de parcours ou remise en
cause fondamentale
de notre
modèle économique ?
C’est pour pallier cette
absence
que le FIT/Forum international des transports – qui, sous
l’égide
de l’OCDE/Organisation de coopération et de développement
économiques,
réunit les ministres des Transports de plus de
50 pays
– a publié ses «Perspectives des transports en 2010».
La crise
de 2008 a eu un impact plus important que les crises
précédentes,
relève Jack Short, secrétaire général du FIT, du fait du degré élevé de
globalisation de
l’économie.
Près de deux ans après la faillite de Lehman Brothers pourtant, on
remarque que l’économie
reprend
à un rythme plus élevé que ce à quoi on s’attendait, mais de façon inégale d’un
continent
à
l’autre. La croissance de l’économie mondiale devrait être de 4,25% cette année,
mais elle bénéficiera
davantage aux
économies émergentes qu’à l’Europe. Du fait de la fragilité de ces dernières,
un
rééquilibrage
de la croissance globale est possible à long terme, qui entraînera un
affaiblissement de
sa
teneur en flux commerciaux et donc en transports.
Les
programmes d’investissement en infrastructures de transport doivent être adaptés
à ces nouvelles
perspectives,
indique le FIT. La réduction des fonds publics et le développement de
l’incertitude
peut
notamment remettre en cause les projets les plus lourds de corridors de
transport au profit
d’autres
projets plus attractifs. Ces évolutions peuvent également amener à des
prévisions de croissance
réduites
pour certains modes de transport.
Quant à
la réduction des émissions de gaz à effet de serre, le FIT estime que le
secteur des transports
reste en
première ligne dans cet objectif. Etant donné le rythme de développement des
économies
émergentes,
les politiques traditionnelles agissant sur la demande de transport devront être
très
contraignantes
pour être efficace. Le FIT leur préfère le développement de technologies
permettant
de
diminuer la consommation d’énergie fossile et à terme de modifier le modèle
énergétique des
transports.
Mais si la première action est aujourd’hui relativement bien acceptée, la
deuxième est
beaucoup
moins évidente à mettre en oeuvre.
Nathalie Stey


