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L’ AURH tisse la toile industrielle de la Seine

La « toile industrielle » mise en place par l’ AURH vise à identifier tous les liens commerciaux ou logistiques entre entreprises de l’estuaire de la Seine.

 

Un schéma établi grâce à la toile industrielle montre les interaction fortes entre l’estuaire de la Seine et l’Île-de-France. Document AURH.

Un schéma établi grâce à la toile industrielle montre les interaction fortes entre l’estuaire de la Seine et l’Île-de-France. Document AURH.

Offrir une vision schématique, avec possibilité de représentation cartographique, de tous les échanges existant entre les entreprises établies le long de l’estuaire de la Seine : voici la tâche à laquelle s’est attelée l’Agence d’urbanisme de la région du Havre / AURH, qui livre une « toile industrielle » de l’estuaire de la Seine. Disponible sur le site de l’agence, il s’agit à la fois d’un portail web où les entreprises peuvent se connecter pour indiquer leurs activités et leurs liens avec d’autres entreprises, et de publications de cartes et d’analyses accessibles au public. Pour établir cette toile industrielle, l’ AURH s’est appuyée sur les bases de données de l’Insee, mais a aussi utilisé les informations publiées dans la presse, qu’elle soit locale, nationale ou professionnelle, pour recenser les liens qui s’établissent entre différentes entreprises : relations contractuelles, échanges de matières (matières premières, marchandises, produits, énergie) ou liens logistiques.

« Le cœur du site web, c’est le portail utilisateur auquel chaque entreprise ou organisation se connecte avec un compte différent, par souci de confidentialité, explique Julien Florant, chargé d’étude à l’AURH. À terme, la toile industrielle a vocation à être plus ouverte, avec des filtres éventuellement mis en place selon les besoins de confidentialité. » Chaque entreprise ou partenaire du projet (ports, CCI, agences de développement économiques, etc.) peuvent renseigner les liens l’unissant à d’autres organisations. La consultation de la toile industrielle fait ensuite apparaître, représentés par des flèches entre différents organisme, les flux qui peuvent être représentés schématiquement soit à l’échelle d’un territoire donné, soit de façon centrée sur une entreprise précise.

Cette base de donnée peut ensuite être exploitée pour mettre en évidence les forces et les faiblesse du tissu industriel de la région. Elle permet aussi d’analyser plus finement le fonctionnement d’une filière précise, comme c’est le cas de la filière bois qui a fait l’objet de la première étude basée sur la toile industrielle, afin de mettre en avant les avantage de l’outil mis en place par l’AURH. « Le travail sur la filière bois monter que l’on peut exporter des grumes vers la Chine pour sciage et recevoir ensuite le bois scié, explique Julien Florant. Il montre aussi que l’absence de sciage dans la région de l’estuaire de la Seine nuit à l’activité d’entreprises locales qui utilisent des sous-produits du bois. » Ce constat posé, qui n’est qu’une des utilisations possibles de la toile industrielle, pourrait amener les ports et l’ensemble des organismes s’intéressant au développement économique à s’interroger davantage sur les liens entre entreprises, dans une logique de prospective ou d’écologie industrielle.

Étienne Berrier

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