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Saône-Moselle / Saône-Rhin : les études presque dévoilées

L’association Seine Moselle Rhône a obtenu de VNF que lui soient dévoilés les résultats des études socio-économiques sur la liaison fluviale à grand gabarit Saône-Moselle / Saône Rhin.

 

Le président du Sénat, Gérard Larcher, est intervenu en ouverture de la réunion de l’association Saône-Moselle-Rhône le 8 mars 2017. Photo Étienne Berrier / NPI.

Le président du Sénat, Gérard Larcher, est intervenu en ouverture de la réunion de l’association Saône-Moselle-Rhône le 8 mars 2017. Photo Etienne Berrier / NPI.

Les études techniques et socio-économiques sur la liaison fluviale à grand gabarit Saône-Moselle / Saône-Rhin, qui avaient été menées par VNF, ont été abandonnés en 2013 lorsque le projet a été reporté au-delà de 2050 par la commission « Mobilité 21 », présidée par Philippe Duron. Elles n’avaient depuis lors pas fait l’objet de communication de la part de VNF, qui les a dévoilées mercredi 8 mars 2017… aux seuls membres de l’association Seine-Moselle-Rhône.

« Il avait toujours paru nécessaire aux yeux de notre association que ces informations soient partagées de manière transparente et équitable avec les nouvelles Régions concernées et les associations représentatives », indique une motion adoptée le même jour en assemblée générale par Seine-Moselle-Rhône. La même motion réaffirme l’engagement de l’association « en faveur du développement du transport fluvial et de la poursuite du maillage fluvial dans le quart Nord-Est français » et rappelle la « dynamique créée par l’avancement des projets Seine-Nord Europe et Bray-sur-Seine / Nogent-sur-Seine » et la nécessité pour les ports maritimes d’étendre leurs hinterlands, ce qui plaide selon l’association pour « une démarche globale, complémentaire et croisée d’analyse des projets de liaisons fluviales Seine-Est et Saône-Moselle / Saône-Rhin qui tienne compte des retombées économiques attendues ainsi que de leurs effets d’entraînement et de synergie ».

Saône-Moselle / Saône-Rhin a du sens au point de vue économique

Lors de la réunion d’informations et d’échanges qui a suivi la présentation par VNF des études sur Saône-Moselle / Saône Rhin, le directeur général délégué de VNF, Pascal Girardot, sans dévoiler au public les détails des études techniques et socio-économiques, a rappelé qu’elles permettent « d’apprécier l’utilité publique d’un tel projet, qui n’est pas seulement un projet d’infrastructure mais bien au-delà, comme l’a montré Seine-Nord ». Refusant de tirer des conclusions définitives des travaux menés, il a cependant déclaré que « les études ont montré que [le projet Saône-Moselle / Saône-Rhin] a du sens au point de vue économique » et a affirmé la « volonté de VNF de continuer à travailler sur ce dossier, au-delà des études, avec des discussions entre tous les acteurs économiques concernés, et en particulier les chargeurs ».

Pascal Girardot, directeur général délégué de VNF, lors de la réunion de l’association Saône-Moselle-Rhône le 8 mars 2017. Photo Étienne Berrier / NPI.

Pascal Girardot, directeur général délégué de VNF, lors de la réunion de l’association Saône-Moselle-Rhône le 8 mars 2017. Photo Etienne Berrier / NPI.

Les acteurs économiques étaient représentés lors de cette réunion par Jean-Michel Soufflet, président du groupe de négoce céréalier du même nom, qui a brillamment plaidé pour le développement du transport fluvial dans l’Est de la France, arguant que « la compétitivité de l’agriculture régionale à l’export dépend en particulier de la logistique » et dénonçant les « menaces de la SNCF de fermer les voies d’accès aux silos. »

Des élus engagés

De nombreux parlementaires français étaient également présents, conscients de la nécessité d’un soutien politique fort des élus des régions concernées pour obtenir des financements pour de coûteux projets d’infrastructure. « Si l’on travaille ensemble sur de vrais projets, on trouvera des financements pour les chaînons manquants de la région Grand Est vers le Sud et vers l’Ouest, pour constituer des corridors complets » a ainsi affirmé la vice-président de la Région Grand-Est en charge des mobilités et des infrastructures de transport, Christine Guillemy.

Le président de l’association Seine-Moselle-Rhône, André Rossinot, a conclu la réunion en se félicitant d’avoir « renoué avec nos partenaires de VNF », l’établissement public s’étant tout d’abord montré très réticent face à la demande de l’association d’accéder aux résultats des études sur Saône-Moselle / Saône Rhin. Il a aussi annoncé qu’il présentera la motion votée par l’association aux candidats à l’élection présidentielle ainsi qu’aux candidats aux législatives et a donné rendez-vous aux participants pour une prochaine réunion de l’association à Strasbourg, au Parlement européen, dont le but sera de replacer dans un contexte plus international les liaisons fluviales à grand gabarit de l’Est de la France.

E. B.

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