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Le mensuel du transport fluvial et de l’actualité portuaire en Europe

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Marseille-Fos poursuit sa diversification

Conscient de l’impact engendré par la fermeture de la raffinerie de la Mède au mois de décembre 2016, le Grand Port maritime de Marseille / GPMM a fait le choix de diversifier ses trafics. Une stratégie gagnante qu’il entend poursuivre en 2017.

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Les trafics liés à la montée en puissance du chantier de construction du réacteur expérimental Iter, à Cadarache, devraient alimenter l’activité phocéenne en 2017.

« Pour le port de Marseille-Fos, 2016 aura été une année de consolidation. Nous avons mis en œuvre la stratégie ambitieuse définie dans le cadre de notre plan quinquennal et ce, malgré des vents très contraires, caractérisés par la faiblesse du commerce mondial, l’instabilité de certains pays de la Méditerranée, les attentats et surtout la fermeture de la raffinerie de la Mède qui nous concerne directement », souligne Jean-Marc Forneri, président du conseil de surveillance du GPMM. « Nous avions anticipé ces changements : nous devons poursuivre notre stratégie de diversification et rechercher encore de nouveaux trafics » !

Une stratégie que confirme Christine Cabaud Woehrel, présidente du directoire du GPPM. « Notre politique commerciale dynamique porte ses fruits. Nous avons su conquérir de nouveaux clients tels que Canavese, groupe leader dans le secteur des fruits et légumes frais, ou encore Derichebourg, qui génèrera un trafic de ferrailles estimé à 90 000 t. Notre activité colis lourds va aussi croître avec la montée en puissance des livraisons pour Iter qui nous permet de démontrer notre savoir-faire sur des opérations présentant un degré de technicité élevé. Un ponton dédié à Iter sera d’ailleurs construit à Fos-sur-Mer en 2017. Ces nouveaux trafics nous permettent d’être plus sereins face à la perte de notre rente pétrolière ».

Le fer en hausse, le fluvial en baisse

Le GPMM entend toujours se positionner comme la porte d’entrée de la Méditerranée, pour concurrencer directement les ports du range Nord qui, victimes de leur succès, souffrent de plus en plus d’un fort engorgement. La direction du port est consciente que son hinterland naturel constitue une richesse qu’il convient d’exploiter, en misant notamment sur l’intermodalité. Cependant, si le trafic ferroviaire poursuit sa croissance avec une augmentation des trafics de 8 %, le fluvial accuse une perte de 16 %, avec seulement 83 000 EVP transportés. Une chute qui s’explique notamment par la reconfiguration de certains services maritimes.

« Des départs réguliers ont été annulés, surtout depuis l’Asie, or le fluvial est extrêmement sensible à toute modification des escales », souligne Ch. Cabaud Woehrel. « Nous sommes conscients de l’enjeu que représente la voie d’eau, sur un plan économique comme écologique. A titre d’exemple, nous organisons, tous les trois mois, des ateliers de concertation réunissant l’ensemble des professionnels afin de rechercher des solutions concrètes à des problématiques communes. Ainsi, quinze transitaires sont désormais accrédités pour le process export fluvial de marchandises dangereuses « Medlink Safe » qui facilite la dématérialisation des conteneurs ».

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Le port de la logistique et de l’innovation

En 2017, le GPPM entend poursuivre son rôle d’aménageur pour se positionner comme LE port de la logistique. L’année passée, près de 300 000 m² de surfaces d’entreposage ont ainsi été développés, soit autant de trafics pérennisés. Un développement qui témoigne de l’attractivité retrouvée du port. Marseille-Fos entend également gagner en visibilité internationale, grâce notamment au retour des escales d’Evergreen, au projet Iter ou encore à la construction d’un datacenter de 4 200 m² par Interxion, qui entend faire de Marseille la porte d’accès des télécoms méditerranéens.

Le port phocéen mise aussi sur l’innovation. Il entend notamment se positionner comme un acteur majeur de la transition énergétique. Une stratégie qui se traduit par des projets tels que Jupiter 1000 (destiné à transformer l’électricité en gaz), Vasco2 (récupération du CO2 des fumées industrielles pour la culture de microalgues en vue de produire du biocarburant) ou encore la mise en service de deux unités de production de thalassothermie.

En 2016, les investissements du GPPM ont atteint 55 Mio €, dont près de 30 Mio € pour le développement, soit un programme en croissance de 22 %.

S. P.

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