NPI – Navigation, Ports et Intermodalité

Le mensuel du transport fluvial et de l’actualité portuaire en Europe

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COP 21 : le fluvial est-il à la hauteur ? – Edito NPI 11/12-2015

Le caractère écologique du transport fluvial est aujourd’hui un des principaux arguments utilisés pour justifier son développement dans le cadre des politiques publiques. A l’heure de la « grand messe » du climat, pourtant, il est bien difficile pour le secteur d’être audible et d’exister face à d’autres discours bien plus parlants pour le grand public, qu’ils fassent intervenir une baleine ou une maison à énergie positive.

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A voir le peu de cas fait à la voie d’eau au niveau budgétaire et, surtout, compte tenu des conséquences qui se dessinent pour l’ensemble de la filière, coupée dans son élan par la carence du réseau, il est d’autant plus urgent pour l’ensemble du monde fluvial de faire entendre sa voix. Or, dans ce domaine, le fleuve pèche par ce qui est pourtant une de ses principales qualités : sa discrétion. A force de transporter des marchandises sans encombrer les réseaux de mobilité, à force d’assurer un service fiable qui s’intègre durablement dans une chaîne logistique, la voie d’eau finit par être une « belle inconnue » aux yeux du public et, ce qui est plus grave encore, aux yeux des élus.

Dans le monde professionnel aussi, la filière fluviale a du mal à sortir de ses frontières pour chasser sur de nouvelles terres. Les atouts du transport fluvial sont pourtant nombreux, même si, bien souvent, au-delà des discours convenus, le transfert modal se résume à un argument : celui du prix. Mais il est difficile, aujourd’hui, pour le secteur, de faire de la pédagogie. Pour être réellement efficace, celle-ci aurait besoin d’être pragmatique et de s’appuyer sur des exemples concrets. Mais du côté des professionnels du fluvial comme du côté des chargeurs, de nombreux intervenants sont jaloux de leurs « recettes ». Les échanges d’expérience ne sont pas naturels. Un manque d’ouverture et de transparence qui ne facilitent pas l’essor du transport fluvial.

La voie d’eau souffre aujourd’hui d’être trop dispersée, non seulement au sein des transporteurs eux-mêmes, mais également entre les différents métiers du secteur. Pour assurer un « développement durable » à la filière, pour défendre ses intérêts auprès de la société civile, des élus, des Pouvoirs publics, ses membres devraient privilégier davantage le collectif. Un vocabulaire sportif cependant difficile à appliquer dans le contexte de crise économique actuelle.

N. S.

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