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Edito – Le gouvernement « au secours » de la profession fluviale

Cela fait quatre mois que la profession fluviale a tiré la sonnette d’alarme : la mauvaise récolte céréalière a des conséquences dramatiques pour la filière. 30 % de la flotte française est impactée, avec une baisse de chiffre d’affaires évaluée par VNF entre 30 et 35 %. Les plus touchées sont les entreprises les plus jeunes, qui disposent rarement de plus de deux mois de trésorerie.

 

Chargement-cerealesPour éviter une succession de faillites, les organismes professionnels ont demandé des mesures d’urgence au gouvernement. Discuté dès le mois d’octobre, le plan d’aide n’a finalement été transmis aux préfets de régions que toute fin décembre, en catimini. Un comble pour un document ayant pourtant vocation à être largement diffusé auprès des intéressés ! Est-ce à dire que le gouvernement veut désormais faire profil bas ? On pourrait le penser, eu égard à la vacuité du « plan » proposé.

Il prévoit la possibilité pour les bateliers de bénéficier, en accord avec les banques concernées, du report d’une annuité de prêt, le coût de la garantie supplémentaire restant à la charge du batelier. Il évoque la « facilité de garantie de prêts » proposée par la SIAGI / Société de caution mutuelle pour l’artisanat, qui pourrait couvrir les besoins en fonds de roulement des artisans bateliers, à condition que leur bilan soit positif. Il signale la création, par Fluvial Initiative, d’un fonds de prêt destiné à financer des opérations de maintenance lourde, et la possibilité d’obtenir un report de cotisations sociales. Sont également mentionnées la mise en place d’une cellule de crise à VNF, pour étudier les aménagements possibles en termes de péages et de tarifs de stationnement des bateaux, et la demande qui aurait été faite par le ministère à la CNBA de mettre en place des aides de secours pour les adhérents.

Une formulation qui, telle quelle, irrite au sein de la Chambre. « La mise en place des aides de secours a été demandée par les élus de la CNBA, c’est au contraire le commissaire du gouvernement qui s’est, au départ, opposé à la mesure. Il en est de même des cotisations sociales : dans les premières discussions que nous avons eues avec le RSI, ce dernier était prêt à les prendre en charge sur son fonds d’action sociale. L’Etat, lui, n’a demandé que leur report », indique-t-on. Même ambiance du côté d’EPF, quant à une mobilisation du fonds Fluvial Initiative : « Certaines réflexions sont en cours, mais rien n’est en place ! 500 000 € ne sont pas suffisants pour obtenir un effet de levier significatif, d’autres partenaires doivent être mobilisés. Et on ne peut pas mobiliser les fonds si rapidement, il y a des règles à respecter ».

Matignon a beau exprimer tout son engagement pour le secteur fluvial, ces différentes mesures ne lui reviennent pas mais sont le résultat des efforts entrepris par les différents acteurs de la filière fluviale. Reste qu’en la matière, un travail collaboratif serait le bienvenu.

N. S.

1 sur “Edito – Le gouvernement « au secours » de la profession fluviale

  1. Wooton

    « Il signale la création, par Fluvial Initiative, d’un fonds de prêt destiné à financer des opérations de maintenance lourde, et la possibilité d’obtenir un report de cotisations sociales. »

    Ce serait bien que Fluvial Initiative soit informé préalablement par le Ministère du rôle prévu pour lui dans le processus – malheureusement un copie de la circulaire leur a été transmise par un marinier, deux semaine après sa parution !

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