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Quelle place pour les collectivités portuaires ?
La politique portuaire fait partie de ces quelques sujets qui dépassent heureusement les clivages idéologiques. Le Sénat en a récemment donné la preuve, à l’occasion du débat qui s’est déroulé le 12 octobre dernier au sujet de la réforme portuaire. Base de ces discussions : un rapport du sénateur Charles Revet (UMP) qui, fait exceptionnel, avait été adopté à l’unanimité en commission au début de l’été.
Les sénateurs, représentants des collectivités territoriales, y prônent un renforcement du rôle des collectivités dans la gouvernance des ports. Le Sénat préconise ainsi une nouvelle réforme à deux étages : décentralisation des Grand Ports maritimes d’une part et élargissement des conseils de coordination portuaire aux ports d’intérêt national d’autre part, l’Etat se recentrant dans son rôle de coordinateur et de facilitateur. Parmi les autres mesures, citons l’autorisation, pour les collectivités, de contribuer aux investissements portuaires par le biais de sociétés de développement local leur permettant de récupérer une partie de leur mise. « Le volet social, c’est l’arbre qui cache la forêt. La première raison au déclin des ports français, c’est la faiblesse de l’Etat stratège. Paris a échoué à développer les ports », abonde le socialiste Robert Navarro.
Un discours qui a cependant peu de chances d’être entendu. Si le gouvernement reconnaît en effet que certains extraits du rapport concernant le rôle simplificateur de l’Etat doivent être étudiés de près, il estime cependant qu’il est trop tôt pour faire un premier bilan d’une réforme dont l’épilogue s’est tenu il y a quatre mois seulement. « Il est primordial aujourd’hui de stabiliser le dispositif. Il ne s’agit pas de relancer une nouvelle réforme », répond ainsi Thierry Mariani à l’assemblée. Mais surtout, le ministre estime être allé assez loin dans l’intégration des collectivités dans la gouvernance portuaire. « L’importance des ports va au-delà de l’intérêt local et même au-delà du territoire national. La stratégie portuaire ne peut être portée que par l’Etat », conclut-il.
Cette analyse jacobine n’est pas propre au gouvernement actuel. Dans son programme maritime (rédigé par Frédéric Cuvillier, député-maire de Boulogne-sur-Mer), François Hollande propose ainsi de revenir sur la décentralisation de 2004, « qui s’est résumée à un désengagement de l’Etat ». A l’« éparpillement administratif et politique », le candidat à la présidentielle oppose « une idéale et nécessaire organisation intégrée » et « de nouvelles autorités portuaires correspondant au moins à une logique de façade ». Dans ces conditions, il sera difficile pour les collectivités portuaires de faire entendre leur voix, à 7 mois des élections.
Nathalie Stey
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