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Infrastructures : l’heure des choix
La politique française des transports fera-t-elle encore l’objet d’un débat au Parlement avant les élections présidentielles ? Le ministère de l’Ecologie, du Développement durable, des Transports et du Logement vient en effet de dévoiler le projet consolidé de Schéma national des infrastructures de transport tel qu’il a été présenté au Conseil économique, social et environnemental. L’avis de ce dernier est attendu d’ici à février 2012, or celui-ci constitue une étape préalable au débat parlementaire.
Depuis le premier schéma présenté par Jean-Louis Borloo il y a dix-huit mois, le moins que l’on puisse dire est que la facture est montée : le coût des 28 projets ferroviaires, 11 projets portuaires, 3 projets de voies d’eau à grand gabarit et 28 projets routiers cités est désormais évalué à 245 Mld € (contre 170 Mld pour l’ancien projet de SNIT), sans compter ceux d’entre eux (tel le dossier Saône-Moselle/Saône-Rhin) pour lesquels une évaluation chiffrée n’est pas disponible ! « Il n’est pas éludé le fait que la dépense totale qui résulterait de la réalisation intégrale du schéma sur les 20 à 30 prochaines années excède aujourd’hui les moyens de financement mobilisés dans le cadre de la politique de l’Etat », tempère immédiatement le rapport.
Le SNIT n’est pas un document de programmation, répètent à l’envie ses auteurs, et le fait qu’un projet y soit inscrit ne constitue pas une garantie de réalisation. Si une grande partie des dépenses d’optimisation des infrastructures devrait pouvoir être engagée dans les 20 à 30 prochaines années, cette proportion tombe à 60% pour les dépenses de développement.
La version consolidée du schéma a été élaborée, qui plus est, avant la crise actuelle de la dette publique. Elle est aujourd’hui accompagnée d’un avertissement : sa déclinaison opérationnelle devra se conformer aux engagements économiques, budgétaires et environnementaux de la France. Le gouvernement le rappelle : l’effort de maintenance sera prioritaire sur le développement des infrastructures et toute décision sur la réalisation d’opérations de développement sera « nécessairement » précédée d’une évaluation socio-économique approfondie ; par ailleurs, l’objectif du Grenelle ne pourra pas être atteint par la seule évolution des infrastructures.
Plusieurs axes d’action consensuels sont ainsi évoqués : optimiser le système de transport existant, en améliorer les performances énergétiques et en matière de desserte des territoires, réduire son empreinte environnementale. Enfin, pour permettre une priorisation des projets, le SNIT consolidé propose une grille d’évaluation de ces derniers. Autant de bornes qui, contexte économique oblige, risquent bien de jalonner la politique des transports à venir, tous bords confondus.
Nathalie Stey
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