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Le mensuel du transport fluvial et de l’actualité portuaire en Europe

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Port de Liège – Le retour de la croissance

Le port de Liège semble avoir tourné la page de la fermeture de la phase à chaud de son industrie sidérurgique. Avec un trafic tous modes de 20,53 Mio t (+3 %) et, surtout, une progression de 6 % de l’activité fluviale (15,46 Mio t), la Cité Ardente renoue avec ses meilleures années.

 

Grâce au conteneur, l’activité fluviale du port de Liège a retrouvé des couleurs.

Grâce au conteneur, l’activité fluviale du port de Liège a retrouvé des couleurs.

Les flux conteneurisés, en particulier, font un bond de 40 %. 58 862 EVP ont été manutentionnés sur les trois terminaux liégeois (Liège Container Terminal, Euroports Inland Terminals et DP World Liège). Un chiffre encourageant, dès avant l’entrée en service du nouveau terminal de Liège Trilogiport. La plate-forme multimodale prend peu à peu forme, avec l’implantation du logisticien Tempo Log, qui occupera à terme un bâtiment de 23 000 m2. Elle sera complétée de l’arrivée de l’entreprise Jost, qui a réservé 30 ha sur Trilogiport pour y développer 180 000 m2 d’entrepôts à l’horizon 2021.

Produits agricoles et déchets pour remplacer charbon et minerais

Le dynamisme de l’ensemble des concessionnaires du Port de Liège se retrouve également dans les flux de vracs, avec notamment une croissance importante des trafics sylvicoles (372 835 t ; +130 %), tirés par l’utilisation accrue de la centrale biomasse des Awirs, et, surtout, la bonne tenue des flux de déchets (1,2 Mio t ; +20 %). A noter la bonne perfomance des produits agricoles (578 252 t ; +16 %). Le site de production de bioéthanol Biowanze utilise en effet de plus en plus la voie d’eau pour ses approvisionnements.

Ces performances compensent largement la baisse des entrées de charbon (1,27 Mio t ; -4 %). Coke et produits pétroliers restent stables à 3,3 Mio t. Sables et graviers s’affichent en légère hausse (6,59 Mio t ; +2 %). Quant au trafic maritime, il profite du léger regain de l’activité sidérurgique. 88 navires ont fait escale dans les installations liégeoises en 2016, essentiellement pour des transports d’aciers spéciaux.

La friche de Chertal pourrait être intégré au plan de développement du port et servir à l’extension de Trilogiport.

La friche de Chertal pourrait être intégré au plan de développement du port et servir à l’extension de Trilogiport.


Bientôt, une friche industrielle à valoriser

« Le port de Liège démarre l’année 2017 dans un contexte très favorable, à l’image de 2016 déjà caractérisée comme une année de croissance. Tout ceci conforte le PAL dans sa volonté de poursuivre sa politique d’investissement ambitieuse », note Emile-Louis Bertrand, directeur général du PAL. L’année passée, le port de Chertal, situé sur le canal Albert, a été officiellement remis pour gestion au Port autonome de Liège. Il dessert l’ancien complexe sidérurgique, à l’arrêt depuis 2011. Ce dernier a été mis sous cocon, en attendant une affectation ultérieure, mais cette inactivité a depuis irrémédiablement dégradé l’outil industriel et un redémarrage de l’activité n’est pas envisageable. Que faire de ces 200 ha de friche, que Mittal est censé assainir ?

Le Port a sa petite idée. La zone de Chertal jouxte en effet celle de Trilogiport. Or cette dernière est déjà bien remplie, si bien que l’autorité portuaire doit, dès aujourd’hui, envisager son extension. Chertal pourrait accueillir cette dernière, ainsi que diverses autres activités. « Les discussions concernant l’intégration du site de Chertal dans notre plan de développement sont toujours en cours. Mais j’ai bon espoir qu’elles puissent aboutir prochainement », avoue Willy Demeyer, président du Port autonome de Liège.

N. S.

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