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Céréales : exportations maritimes en hausse
Sécheresse et incendies en Russie, inondations en Australie : les catastrophes naturelles affectant d’autres pays producteurs ont favorisé les exportations françaises de céréales, malgré une production en légère baisse en 2010. «On note une baisse des exportations françaises de céréales vers l’Union européenne, les pays d’Europe centrale et orientale alimentant l’Europe, en particulier en maïs», indique Fabien Bova, directeur général de France Agrimer, qui souligne, a contrario, l’augmentation des exportations françaises vers l’Afrique et le Moyen-Orient.
Ports français : un avantage logistique à cultiver
Avec 7,5 Mio t enregistrées durant la campagne 2009-2010, le port de Rouen conserve une part prépondérante dans les exportations françaises de céréales, devant La Rochelle (3,4 Mio t), Nantes (1,4 Mio t), Dunkerque (1,1 Mio t) et Bordeaux (1 Mio ). Ces derniers ports se sont cependant diversifiés au-delà de leurs spécialités. Bordeaux, par exemple, ne se limite plus au maïs, qui est traditionnellement cultivé de façon massive dans son arrière-pays, mais exporte aussi de plus en plus de blé.
«Les ports français sont tous situés près des régions de production», note Fabien Bova. «Le port de Rouen, par exemple, collecte dans un rayon de 200 km la majorité des céréales qu’il exporte. Les autres grands pays exportateurs que sont le Canada, les Etats-Unis, la Russie, l’Argentine ou l’Australie ont des zones de production très éloignées des ports d’exportation. Le seul pays ayant une disposition similaire à la nôtre est l’Ukraine, qui exporte cependant peu de blé de qualité meunière. Cet avantage logistique supposé n’est pourtant pas mis à profit. Il faut travailler la logistique du dernier kilomètre car la performance logistique est un des paramètres de compétitivité à l’exportation, au même titre que la parité euro-dollar».
Complémentarité modale chez Senalia
Pour mettre ce principe en application, le groupe coopératif Senalia qui, avec 800 000 t de capacité de stockage, est à l’origine de 55% des exportations de céréales du port de Rouen, entend améliorer ses accès fer et fleuve, chacun de ces modes ne représentant aujourd’hui que 15% de ses entrées. A titre de comparaison, pour l’ensemble du port de Rouen, les pré-acheminement de céréales se font à 9% par le fer et à 19% par le fleuve. Pour développer le fer, qui représentait il y a une dizaine d’années 30% des approvisionnements de ses silos rouennais, Senalia investit : à Grand-Couronne, une nouvelle trémie ferroviaire permettra de multiplier les créneaux pour ce mode de transport. Le fluvial aussi bénéficiera de nouvelles installations d’ici à fin 2011, l’une à Grand-Couronne et l’autre à la Presqu’Ile Elie.
«Nous avons besoin d’un bon équilibre entre les modes de transport», explique André Laude, directeur général du groupe, qui souligne que le fer et la voie d’eau permettent une meilleure homogénéité des lots. «Mais ces modes de transport ne sont pas aussi substituables qu’on l’imagine», précise-t-il. «Les arrivées par péniche progressent depuis la Picardie. En revanche l’utilisation de la voie d’eau n’est pas possible depuis la région Centre, pour laquelle on utilise le train. Par ailleurs, comparée à la route, la voie d’eau doit être compétitive et ne peut pas faire payer les tonnes-kilomètres pour les méandres de la Seine ou le détour par Conflans». Senalia souhaite aussi une meilleure compétitivité du transport routier, avec l’utilisation de camions de taille supérieure : «le 44 t est une évidence, il est temps de penser aux 60 t».
En 2009-2010, Senalia a exporté 4,2 Mio t de céréales, soit la même quantité qu’au cours de la campagne précédente. Comme pour l’ensemble des céréales rouennaises, les destinations phares sont l’Algérie (1,8 Mio t) le Maroc (600 000 t) et l’Égypte (300 000 t). La Chine (200 000 t) est aussi devenue une destination importante grâce aux exportations conteneurisées. La diversification des destinations est considérée comme une nécessité par Senalia, dont les dirigeants évoquent, en parlant de l’Afrique du Nord, le «risque de client quasi-unique». A mi-campagne, le bilan est plutôt bon, les céréales françaises ayant bénéficié de la faiblesse des quantités de céréales disponibles sur le marché mondial. Au 31 décembre 2010, Senalia avait déjà exporté 2,5 Mio t de céréales, ce qui est supérieur à la quantité exportée à la même date de l’année précédente. La campagne, au total, s’annonce plutôt bonne même si l’état des stocks ne permettra pas aux exportations de se poursuivre au même rythme.
E. B.
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