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Mardi 15 Février 2011

Le fluvial dans les formations transport


Premier constat : le transport fluvial est déjà abordé de manière plus ou moins synthétique au niveau du Bac « Transports », avant même la création, toujours en discussion, d’un Bac « Transport fluvial ». Au lycée professionnel E. Oehmichen de Reims par exemple, les aspects techniques du fluvial sont abordés en classe de première au cours d’une douzaine d’heures de cours et de façon plus pratique en terminale (réglementation, opérations de transport, tarification, études de cas, le tout durant une vingtaine d’heures).

Deuxième constat : en l’espace de 6 ans, le nombre de formations en transport s’est bien développé, preuve que la filière recrute et attire. Le site de l’Onisep/Office national d’information sur les enseignements et les professions recense ainsi 72 BTS Transports et autres formations de technicien supérieur Transport et Logistique (une cinquantaine en 2005), 22 DUT, 19 Licences professionnelles (6) et, surtout, plus de 30 formations Bac+4/5/6 ! Pour ces dernières, à côté des traditionnels instituts professionnels de formation (AFT-IFTIM, Promotrans, Ecole supérieure de transport/EST), ce ne sont pas tant les formations universitaires qui se sont développées – on ne compte ainsi que 3 Master professionnels à Aix, Paris IV-Sorbonne et Guyancourt – que les formations
d’écoles de commerce. Aujourd’hui, la gestion de la chaîne logistique fait partie intégrante des stratégies d’entreprise : plus d’une dizaine d’écoles de commerce proposent ainsi un Master spécialisé.

Changement de référentiel au programme pour le BTS

Ce ne sont pourtant pas ces formations Bac +4/6 qui intègrent le mieux la problématique du transport fluvial. La plupart de ces Master couvrent en effet la logistique au sens large ; le transport n’est que l’une des nombreuses problématiques qui y sont abordées et la voie d’eau n’est alors qu’un mode parmi d’autres. Les contingents les plus volumineux de cours se rapportant au fluvial se trouvent davantage dans les formations Bac+2.

Le BTS Transport par exemple est basé sur un référentiel ancien et relativement imprécis quant à la place exacte accordée à chaque mode de transport, ce qui laisse beaucoup de souplesse aux différents établissements. Ces derniers peuvent ainsi s’adapter à leur environnement géographique et économique. « Toutes les plus grosses entreprises de transport internationales sont implantées au port », indique ainsi Loïc Mangeard, responsable du BTS Transport dispensé par le centre AFT-IFTIM de Gennevilliers. « Les entreprises sont de plus en plus sensibles au transport fluvial et nous devons coller à leurs besoins. Concrètement pourtant, la place de la voie d’eau dans les formations n’a pas beaucoup évolué ». A Gennevilliers, le transport fluvial représente environ 1 semaine de cours sur 40. Dans la plupart des établissements ayant répondu à notre enquête, la voie d’eau est abordée au travers d’une quinzaine d’heures de cours. La palme revient au lycée Jeanne d’Arc de Montaigu (Vendée), avec 40 heures de cours, ainsi qu’au lycée Colbert de Thionville (25 heures environ, assorties de visites pédagogiques).

La voie d'eau et le transport maritime étroitement liés

Une réforme importante se prépare cependant, qui pourrait changer la donne. Le référentiel du BTS transport est en effet en pleine refonte, une nouvelle version devant entrer en application à la rentrée prochaine. Si rien de précis n’a pu filtrer jusqu’à présent, la présentation officielle étant prévue fin mars prochain, il semblerait que l’Education nationale s’achemine vers une approche plus transversale, les transports n’étant plus abordés mode par mode comme c’est le cas aujourd’hui, mais compétence par compétence (technique, documentation, tarification, etc.). La présence concrète du transport fluvial ne sera donc pas plus assurée qu’elle ne l’est aujourd’hui ; à l’heure où l’on parle de l’insertion de plus en plus nécessaire du transport fluvial dans la chaîne logistique, cette nouvelle démarche paraît cependant très intéressante.

Quant aux Licences professionnelles, le transport fluvial est généralement abordé dans le cadre de l’étude du transport maritime. « L’un et l’autre sont étroitement liés. Le maritime fait vivre le fluvial et inversement », note ainsi Henri Blanc, responsable
de la Licence professionnelle « management et droit du transport maritime » développée par le Centre de droit maritime et des transports du Port de Marseille. Pour sa formation, le CDMT a recours à une cinquantaine d’intervenants extérieurs, dont des responsables portuaires et des opérateurs de lignes conteneurs fluviales.

A noter pour conclure que certaines formations généralistes offrent des équivalences automatiques : attestation de capacité de transport fluvial pour le BTS Transport, attestation de capacité pour l’exercice de la profession de courtier de fret fluvial pour le
diplôme de l’EST.

N. S.


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