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Tout ça... pour ça


Il aura fallu 33 jours pour renflouer et évacuer l’épave du «Waldhof», qui avait chaviré le 13 janvier dernier au milieu du chenal navigable, à la hauteur de la célèbre Lorelei. Un accident catastrophique à bien des points de vue pour la navigation rhénane et qui laisse la profession désabusée.

Souvenons-nous : le 25 mars 2007, le porte-conteneurs «Excelsior» perdait 32 boîtes à la hauteur de ­Coblence, occasionnant une interruption de la navigation de 6 jours. Le retard survenu dans les opérations de renflouement faisait alors couler beaucoup d’encre. Après cet accident, le secteur de la navigation rhénane et notamment la Commission centrale pour la navigation du Rhin convenaient de travailler sur deux points : la mise en place d’un système d’information sur l’ensemble du bassin en cas d’avarie et la réalisation d’un inventaire des moyens de levage disponibles.

4 ans après, force est de constater que l’accident de l’«Excelsior» n’aura pas servi à grand chose. Certes d’importants progrès ont été réalisés quant aux échanges d’information entre les différentes autorités.  L’inventaire des moyens de renflouage, cependant, est toujours en cours de constitution. «Ce qui prend du temps, c’est d’obtenir l’adhésion des sociétés concernées à notre démarche», déplore Theresia Hacksteiner, directrice de l’IVR, l’organisme en charge de ce recensement. «Ce n’est pas l’absence de cette liste qui a posé problème. Les grues de levage ont mis du temps à venir du fait du niveau élevé du Rhin, qui réduisait le tirant d’air disponible sous les ponts», note quant à lui Jean-Marie Woehrling, secrétaire général de la CCNR. 10 jours ont ainsi été perdus, avant que le matériel ne soit sur place. Or il n’est pas acceptable, étant donné le nombre de bateaux naviguant sur le bassin, de ne pas avoir de moyens de levage disponibles rapidement sur le Rhin supérieur, quitte pour cela à dépendre de fonds publics, s’accordent de nombreux professionnels.

Autre question : pourquoi avoir attendu 25 jours pour finalement lâcher une bonne partie des 2 400 t d’acide sulfurique dans le fleuve ? Une décision qui provoque la colère – pour des raisons certes opposées – des opérateurs fluviaux et des défenseurs de l’environnement. Une chose est sûre : avec cet accident et, surtout, la gestion qui s’en est suivie, la couleur verte de la voie d’eau devient soudain terne.

L’événement aura surtout montré que la généralisation du double coque voulue par les chargeurs pétroliers n'est pas la solution miracle aux risques de pollution accidentelle.                                                      

Nathalie Stey


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