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Echec de la tentative de sauvetage du « Waldhof »
Après l'évaluation de tous les résultats des analyses effectuées sur l'épave de l'automoteur citerne «Waldhof », ayant chaviré dans le Rhin à hauteur de Sankt-Goarshausen le 13 janvier, après le pompage de l'acide sulfurique de la citerne 7, les experts ont constaté l'échec de leurs méthodes et se sont décidés à laisser couler dans le fleuve - de manière contrôlée - une partie de la cargaison d'acide sulfurique restante.
Lors du pompage de la citerne 7 dans les cuves en acier inoxydable de l'« Erlenhof », des changements ont affecté la stabilité de l'épave. La proue s'est enfoncée d'environ 20 cm vers l'affouillement, ce qui a entraîné une courbure et une torsion de la superstructure. Les citernes ont en conséquence subi des bosselures, qui sont le témoin d'une tension énorme à l'intérieur des soutes, pouvant entraîner la rupture des cloisons étanches et du pont. La conséquence en serait une réaction chimique immédiate et intense de l'acide sulfurique mélangé à l'eau. Les entreprises spécialisées ne peuvent plus en conséquence garantir la sécurité de leur personnel.
Le secrétaire d'Etat à l'Intérieur du Land de Rhénanie-Palatinat, Roger Lewentz, a indiqué qu'ils allaient « tout faire pour protéger les populations, les équipes de secours et l'environnement ».
Après l'examen de tous les paramètres, les experts ont décidé de laisser couler - de manière contrôlée - une partie de la cargaison d'acide sulfurique dans le Rhin. Pendant que les travaux d'homogénéisation du mélange pompé dans la citerne 7 à partir d'autres cuves se poursuivent, les autres citernes ont commencé à être vidées d'une partie de leur cargaison dans les eaux du fleuve à partir d'aujourd'hui midi, à raison de 80 t par heure au maximum (rappel : la cargaison du « Waldhof » était constituée de 2 400 t d'acide sulfurique), ce qui correspond à 12 litres d'acide par seconde. Dans les conditions de débit du Rhin aujourd'hui, ce sont 1,6 millions de litres d'eau qui se précipitent vers l'aval par seconde.
Les experts tablent sur le fait que l'acide sulfurique sera neutralisé par la réaction thermique au contact des eaux du fleuve. Selon eux, ce scénario comporte peu de risques environnementaux. S'il devait y en avoir, ils seraient limités à la zone géographique locale et en aucun cas affecter l'ensemble de l'écosystème du bassin rhénan. Il n'y aurait ainsi aucun risque pour la consommation d'eau potable. Les experts ont reconnu que depuis l'accident, 900 t d'acide sulfurique s'étaient déjà répandues dans le fleuve, sans doute à travers les valves automatiques. Le bateau-laboratoire « Burgund » contrôlera la vidange de la cargaison dans le fleuve. Les autorités compétentes ont émis une alarme pour tout le bassin rhénan et ses riverains, notamment les stations de pompage et de captage des eaux.
Ch. P.
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