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Strasbourg sous le signe du renouveau


La modernisation du portique a été financée à 52,28% par le PAS, 22,73% par l’Etat et 8,33% également par la Région, le Département et la CUS. Il s’agissait de renforcer la structure et de mettre en place un nouveau pont roulant, d’une capacité de 460 t contre 300 t précédemment. L’ancien outil montrait ses limites, alors que les industriels tels Alstom, General electric, Liebherr et autres Sotralentz réalisent des pièces de plus en plus lourdes. Son renforcement conditionnait le maintien de telles industries dans la région.

Relations ville-port : un dossier difficile

«Le Port autonome est une pépite rhénane, il sert de référence pour ses confrères en matière de conteneurs et de colis lourds», a noté avec satisfaction Catherine Trautmann, présidente du PAS. A côté des liaisons fluviales manquantes, la vice-présidente de la CUS a évoqué le dossier des relations ville-port qui, de son aveu, «n’est pas facile». «La poussée urbaine et la poussée portuaire sont contradictoires. Nous avons besoin d’une vision précise des terrains réservés aux activités tertiaires, à l’habitat et à l’activité portuaire».

Entre autres dossiers ouverts, la réalisation du nouveau siège du Port sur le môle de la Citadelle et l’entrée de Strasbourg depuis l’Allemagne. Un appel d’offres a été lancé conjointement par le PAS et la Ville pour l’aménagement de ce dernier secteur. Il verra sa physionomie changer prochainement avec la réalisation, inscrite au contrat de projets, de la liaison interports qui vise à éviter aux trafics portuaires Nord-Sud de croiser les flux Est-Ouest. Puis viendra le prolongement de la ligne de tram. Toujours en matière d’aménagement urbain, une nouvelle proposition pour le terrain Starlette devrait être déposée prochainement, avec le principe établi de consacrer cette zone aux activités tertiaires. Le tout devrait faire l’objet d’un contrat de développement entre la Ville et le Port.  

Investissements tous azimuts

Avec un budget d’investissement de 17 Mio €/an, les prochains mois devraient être très actifs. Il y a quelques semaines ont été inaugurés les travaux de terrassement de la nouvelle zone portuaire de Lauterbourg, dont la mise à disposition est prévue au deuxième semestre 2010. C’est aussi à ce moment que le deuxième portique à conteneurs du terminal Nord sera mis en service. A plus long terme, le PAS réfléchit à de nouvelles implantations au Nord, avec la création d’une plate-forme route-fer à Herrlisheim, et au Sud du port actuel, avec l’ouverture d’une nouvelle zone d’activité à Fegersheim, destinée aux entreprises intéressées par un accès facile aux outils portuaires sans être pour autant situées à proximité immédiate du terminal. En attendant, les marges de développement sur l’agglomération se situent davantage dans la valorisation des friches.

Côté activité touristique, le PAS n’est pas en reste. Le «Gustave Doré», seul bateau électrique de la flotte de bateaux à passagers, devrait bénéficier l’an prochain d’une cure de jouvence. Le Port cherche par ailleurs à développer une offre complémentaire à ce qui représente aujourd’hui la première attraction touristique d’Alsace, en se tournant vers le marché des entreprises. Par ailleurs, l’étude réalisée à la demande de l’ancienne municipalité sur la création d’une navette fluviale à passagers a révélé que si la création d’un service linéaire n’avait que peu d’intérêt, une rotation type «Batobus» amenant les touristes aux différents points d’intérêt de la capitale alsacienne pourrait trouver son marché.

Le mot de la fin à cette inauguration est revenu au préfet Pierre-Etienne Bisch. Ce dernier s’est engagé à faire la promotion, à son niveau, des opérations où l’utilisation du transport fluvial est possible. Il est bien vrai que davantage de facilité dans l’autorisation d’itinéraires routiers pour les convois exceptionnels devant charger à Strasbourg donnerait un bon coup de pouce au transport de colis lourds sur le Rhin !

N. S.

Le port de Strasbourg ne s’en sort pas trop mal au terme des 7 premiers mois de 2009, avec un trafic fluvial en légère régression (-1,1%). La baisse des graviers (-6,7%), le premier trafic du port, est en partie compensée par la bonne tenue des céréales et autres produits agricoles. La croissance des diverses est très encourageante, avec notamment une progression de 14,3% des conteneurs fluviaux, malgré la baisse des trafics correspondants dans les ports maritimes. Cette évolution serait due au développement de la conteneurisation et à un gain de part de marché face à d’autres ports rhénans, indique-t-on au PAS.


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