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Senalia : campagne 2008/2009 rassurante
Durant cette période, les silos de Senalia implantés à la Presqu’île Elie et à Grand-Couronne ont assuré le passage de 55% des exportations céréalières réalisées par le Grand Port maritime de Rouen, qui reste le numéro un européen de la spécialité. Les sorties maritimes de blé ont presque doublé à 3,14 Mio t (+93,7%), celles d’orges ont pesé 880 000 t (+25,4%). A noter la forte croissance d’expéditions (orges et sucres) effectuées par conteneurs (65 000 t). Les pré-acheminements terrestres restent largement dominés par la route (70%), même si les parts du ferroviaire (16%) et du fluvial (14%) progressent légèrement.
Les flux agro-industriels se sont quant à eux principalement concrétisés autour de l’activité de trituration des usines rouennaises Saipol et Diester Industrie (2,3 Mio t) et de l’approvisionnement en blé du site de production de bioéthanol BENP de Lillebonne pour 580 000 t, dont 186 000 t acheminées par voie fluviale. Cette unité industrielle a par ailleurs généré l’expédition de 171 000 t de drèches, dont 49 000 t par voie maritime. Pour le reste, après quatre campagnes en forte baisse, les exportations de sucre se sont stabilisées à 89 000 t (elles frôlaient les 340 000 t en 2005/2006).
Amélioration des marges
Conséquence du net redressement des volumes traités, le chiffre d’affaires du groupe a progressé de plus de 30 % pour dépasser 31 Mio €. Un montant record réalisé pour 38% grâce aux flux agro-industriels. Ces derniers sont les fruits de la diversification entreprise depuis une quinzaine d’années par Senalia : trituration avec Saipol, biodiesel avec Diester Industrie, sucre avec Saint Louis Sucre, fèves de cacao avec Barry Caillebaut et plus récemment bioéthanol avec Tereos.
«En 2008/2009, notre excédent brut d’exploitation a représenté 36% de notre chiffre d’affaires contre 24,4% durant l’exercice précédent et le résultat net s’établit à 4,125 Mio €», indique André Laude, le directeur général de Senalia. Ce qui permettra à l’entreprise coopérative d’autofinancer les investissements programmés et notamment la construction d’un appontement pour la desserte fluvio-maritime de l’usine de Lillebonne, le remplacement d’un poste fluvial à la Presqu’île Elie, la mise en place d’une nouvelle trémie ferroviaire et la refonte des silos à Grand-Couronne.
Structurer l’offre pour gagner à l’export
La stratégie du groupe vise à mieux structurer l’offre portuaire rouennaise entre les opérateurs de silos coopératifs et à tirer les opportunités du futur canal Seine Nord Europe. Senalia poursuit ainsi le projet de créer une plate-forme multimodale (céréales, engrais, pondéreux) à Nesle/Languevoisin. Ses dirigeants devront aussi relever le défi que constitue la pérennisation des exportations sucrières via le terminal Robust et, sur le plan environnemental, celui du rejet des poussières au chargement des navires céréaliers.
«Nous sommes très attentifs aux projets et travaux en cours de réalisation dans le port de Rouen», rappelle Jean-Jacques Vorimore, président de Senalia. «La remise en fonction de la descente de la Seine en bi-marée, grâce à laquelle les navires peuvent être chargés plus lourdement, est un premier objectif à court terme. Creuser le chenal en est un autre». Deux éléments de nature à faciliter l’exportation sur certaines destinations comme l’Egypte qui impose des importations par cargaisons unitaires de 60 000 t.
D’autant que la parité euro/dollar handicape la filière céréalière française, confrontée à la concurrence des producteurs riverains de la mer Noire. Au terme du premier semestre de la campagne en cours, «la conjoncture se présente sous un jour plus difficile», constate A. Laude, évoquant «des silos pleins et des exportations qui sont allé en s’affaiblissant». Les sorties opérées par Senalia ne dépassent pas 1,7 Mio t, en retrait de 300 000 t sur l’exercice antérieur. La qualité et la quantité sont au rendez-vous, mais les professionnels concernés devront une nouvelle fois faire preuve de pugnacité et de réactivité.
Robert Querret
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