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Rentrée de crise ou crise de la rentrée ?
Les bons chiffres de trafic enregistrés dans la plupart des ports européens (maritimes et intérieurs) durant les premiers mois de 2011 ne seraient-ils qu’une dernière ronde avant le retour de la rigueur, voire de la récession ? Cette année en tout cas, le retour des congés d’été n’a rien de réjouissant. Au menu des études conjoncturelles, citons celle réalisée par le bureau néerlandais de Capgemini Consulting, concernant les flux commerciaux générés par les 23 plus grandes économies de la planète.
Elle révèle que le commerce mondial a d’ores et déjà chuté de 8% au premier semestre. En cause, le tsunami dont a souffert le Japon et le phénomène E. coli en Europe. La diminution de la production industrielle au pays du Soleil levant s’est ainsi traduite par une baisse du volume des échanges de 2 à 3% en Grande-Bretagne, au Canada, en France et en Australie, et jusqu’à 10% aux Etats-Unis. Le secteur agricole européen a par ailleurs perdu 20 Mld € en termes d’exportation. Le problème des dettes souveraines et les pressions inflationnistes qui se font sentir dans les principales économies européennes (France, Allemagne, Italie et Espagne) font craindre une fin d’année difficile, malgré la reprise de l’économie japonaise.
Capgemini pointe également les effets du printemps arabe sur le cours du pétrole et le poids du déséquilibre des finances publiques outre-Atlantique, qui a clairement aggravé l’instabilité des marchés financiers. L’activité portuaire, certes, ressent cette évolution avec un temps de retard. Mois après mois cependant, le rythme de croissance ralentit. Il n’est jusqu’au secteur des conteneurs pour tirer la sonnette d’alarme : dans un entretien accordé à notre confrère néerlandais «Het Financieel Dagblad», le manutentionnaire ECT parle ainsi de «cannibalisation» lorsqu’il explique le risque, pour les terminaux de la Maasvlakte I, de se voir vidés d’une partie de leur activité lors de l’ouverture de la seconde Plaine de la Meuse.
Investissement d’avenir ou création de surcapacité ? La remarque d’ECT a beau être totalement intéressée - le groupe hong-kongais, installé dans la Maasvlakte I, craint la concurrence d’APM Terminal qui, grâce à la nouvelle extension portuaire, devrait voir ses capacités sérieusement renforcées - elle amène cependant à s’interroger sur les ressorts de notre économie actuelle. Or, à la lumière des derniers événements, on ne peut s’empêcher de songer que la gestion de la crise passée ressemble à bien des égards à une fuite en avant.
Nathalie Stey
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