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Dur réveil



J’ai fait un rêve... Celui-ci m’a projetée en 2018.

Première étape à Nesles. Le canal Seine Nord est ouvert depuis 18 mois maintenant. Le trafic y est soutenu, mais fluide. Les premiers mois d’exploitation ont été l’occasion d’ajustements, bien sûr, mais désormais tout fonctionne « comme sur des roulettes ». Bonne surprise : les temps de transit sont même légèrement inférieurs à ceux annoncés.

On y voit passer du beau matériel, notamment un nouveau type de convoi de 185 m, formé d’automoteurs équipés de moteurs hybrides, qui peuvent être découplés pour pénétrer davantage à l’intérieur des terres. L’usage de ces nouveaux « convois de Seine » s’est d’ailleurs développé au-delà du réseau français. Un bon point pour les chantiers hexagonaux, qui renouent ainsi avec le succès.

Bien sûr, de multiples pavillons se croisent aujourd’hui sur la Seine. Les opérateurs français ont cependant su tirer leur épingle du jeu. Le secteur est reconnu comme une filière d’avenir en matière d’emploi. Les « nouveaux convertis » d’il y a dix ans se sont laissés prendre à son caractère si particulier et ne changeraient de parcours pour rien au monde.

Deuxième étape sur la Seine amont. Les travaux de mise à grand gabarit de la section Bray-Nogent avancent bien. A leur achèvement, c’est l’ensemble du bassin de la Seine qui aura été fiabilisé. Les pannes répétitives des écluses de la Seine aval sont heureusement de l’histoire ancienne. A voir le développement du trafic sur l’ensemble du bassin, il valait mieux...

Passer du curatif au préventif n’aura certes pas été une mince affaire pour les équipes de VNF, mais les résultats sont là. Les efforts de concertation déployés par l’établissement public ont permis de déminer le terrain et d’engager le transfert des ex-services de la navigation de façon apaisée, après une première réaction pour le moins crispée. Grâce à cette nouvelle organisation, les objectifs affichés par VNF en terme de qualité de service et d’amplitude horaire ont pu être atteints. Il n’est plus question de réduction d’effectifs et le réseau français est désormais cité en exemple au niveau européen.

Le bruit d’une sirène dans le bassin du Commerce me ramène à la réalité de mon écran d’ordinateur. Dans les blogs, on y parle de réseau bloqué, d’heures perdues aux écluses. Les bateliers se déchirent quant à l’attitude à avoir face au projet de réforme mené par le ministère de l’Ecologie. Le silence des organismes professionnels est assourdissant ; eux qui ont longtemps appelé de leurs voeux une unité de commandement sur la voie d’eau sont pour le moins réservés devant des discussions auxquelles ils n’ont pas vraiment part et qui pourtant les concernent de près. Et cette conclusion : pour redonner confiance aux acteurs du secteur, alors que paradoxalement la voie d’eau n’a plus reçu une telle attention depuis bien des années, il est urgent de renouer les fils d’un vrai dialogue.

Nathalie Stey


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