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La croissance ne viendra pas toute seule
Le secteur bancaire continue de croire dans le fluvial. Tel est le message qui ressort d’une étude économique publiée dernièrement par ING. Celle-ci revient sur l’impact de la crise économique dans le secteur fluvial néerlandais : en 2009, les artisans bataves ont ainsi essuyé des pertes brutes de 50 000 à 300 000 € selon la taille du bateau, contre un résultat positif de 20 000 à 50 000 € en temps normal, voire 2 à 3 fois plus élevé en 2006-2008. Le chiffre d’affaires du secteur a certes retrouvé une évolution positive à partir du deuxième trimestre 2010, mais le retour à l’équilibre n’est pas attendu avant plusieurs années.
En cause : la surcapacité du secteur. La flotte fluviale néerlandaise est ainsi passée en trois ans (2007-2010) de 6 000 à 6 750 unités. Une croissance encore plus phénoménale lorsque elle est calculée en capacité d’emport : +23% ! La situation est différente selon le type de matériel. La filière des marchandises sèches, première touchée, sera également la plus rapide à retrouver un équilibre, prédit ING. La filière citerne, en revanche, a passé les premiers mois de la crise sans encombre, dopée par le cours élevé du pétrole. Résultat : de nombreuses commandes d’unités «marchandises sèches» ont été reportées au dernier moment sur des unités citernes, dans une ultime tentative d’adaptation au marché. Mais ce dernier est structurellement en décroissance. Ajouté au fait que les vieilles unités citerne ne sont pas retirées du marché, la surcapacité est désormais bien plus importante dans cette filière. Au final, la banque ne prévoit pas de retour à l’équilibre avant 2015.
D’ici là, il faudra tenir – une situation d’autant plus paradoxale qu’à long terme, les feux sont au vert, prédit la banque. Le conteneur, le gaz (GNL et CO2), la biomasse devraient permettre une croissance durable des trafics. Celle-ci ne se fera pas toute seule, rappelle ING qui formule plusieurs recommandations au secteur – recommandations valables, à notre sens, au-delà des frontières néerlandaises : une partie de la filière vracs devra se reconvertir dans les conteneurs ; la batellerie doit se professionnaliser en développant des matériels différenciés selon les marchés ; les opérateurs fluviaux doivent davantage «jouer collectif» et se voir comme un maillon d’une chaîne intermodale plus vaste. ING estime surtout que bateliers et affréteurs devraient davantage développer des relations de long terme, les tensions perdurant entre les deux parties étant une des principales faiblesses du secteur.
Nathalie Stey
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