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Dimanche 25 Juillet 2010

Structurelle ou conjoncturelle ?



Structurelle ou conjoncturelle ? Quelles peuvent être les conséquences à long terme de la crise financière de 2008-2009 sur l’économie des transports ? Au-delà de l’effet direct de la chute de la production industrielle survenue fin 2008 – qui aura occasionné un recul sans précédent des flux de transport au niveau mondial-, aucune étude n’a encore été publiée en effet, pour décrypter les conséquences structurelles de cette crise ou pouvoir la situer dans un contexte historique – simple accident de parcours ou remise en cause fondamentale de notre modèle économique ?

C’est pour pallier cette absence que le FIT/Forum international des transports – qui, sous l’égide de l’OCDE/Organisation de coopération et de développement économiques, réunit les ministres des Transports de plus de 50 pays – a publié ses «Perspectives des transports en 2010». La crise de 2008 a eu un impact plus important que les crises précédentes, relève Jack Short, secrétaire général du FIT, du fait du degré élevé de globalisation de l’économie.

Près de deux ans après la faillite de Lehman Brothers pourtant, on remarque que l’économie reprend à un rythme plus élevé que ce à quoi on s’attendait, mais de façon inégale d’un continent à l’autre. La croissance de l’économie mondiale devrait être de 4,25% cette année, mais elle bénéficiera davantage aux économies émergentes qu’à l’Europe. Du fait de la fragilité de ces dernières, un rééquilibrage de la croissance globale est possible à long terme, qui entraînera un affaiblissement de sa teneur en flux commerciaux et donc en transports.

Les programmes d’investissement en infrastructures de transport doivent être adaptés à ces nouvelles perspectives, indique le FIT. La réduction des fonds publics et le développement de l’incertitude peut notamment remettre en cause les projets les plus lourds de corridors de transport au profit d’autres projets plus attractifs. Ces évolutions peuvent également amener à des prévisions de croissance réduites pour certains modes de transport.

Quant à la réduction des émissions de gaz à effet de serre, le FIT estime que le secteur des transports reste en première ligne dans cet objectif. Etant donné le rythme de développement des économies émergentes, les politiques traditionnelles agissant sur la demande de transport devront être très contraignantes pour être efficace. Le FIT leur préfère le développement de technologies permettant de diminuer la consommation d’énergie fossile et à terme de modifier le modèle énergétique des transports. Mais si la première action est aujourd’hui relativement bien acceptée, la deuxième est beaucoup moins évidente à mettre en oeuvre.

Nathalie Stey


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