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Toutes les persévérances ne sont pas diaboliques



Il y a quatre ans, la Cour des comptes dressait un bilan négatif des mesures mises en œuvre jusque-là par les Pouvoirs publics pour «adapter l’organisation institutionnelle des ports maritimes à l’évolution de leur environnement économique». Elle publie aujourd’hui un satisfecit, après la mise en œuvre de la réforme portuaire.

La Cour des comptes salue la «célérité remarquable» des Pouvoirs publics dans la publication des textes d’application de la réforme. Elle regrette cependant que le même statut s’applique non seulement au Havre, à Marseille, mais aussi aux cinq autres Grands Ports maritimes. Concernant la modernisation de l’exploitation, elle reconnaît qu’«une appréciation complète ne peut encore être donnée» ; elle salue néanmoins la fusion des deux conventions collectives des agents portuaires et de la manutention. Quant à l’amélioration de la desserte terrestre des ports, la Cour estime avoir obtenu satisfaction sur le plan des principes.

Le précédent de la réforme de 1992 incite cependant la haute juridiction à la prudence, puisque près de 20 ans plus tard, certains personnels sont encore régis par les dispositions du régime ancien. «Il importe donc que l’application de la réforme portuaire ne soit pas retardée et que sa mise en œuvre pratique soit marquée par la même volonté et le même esprit de concertation qui ont inspiré l’élaboration des règles nouvelles», indique-t-elle dans son rapport. Reste certains «chantiers subsistants», que la Cour aimerait voir démarrer rapidement : la fiscalité portuaire et la gouvernance des ports d’Outre-Mer. 

Ce rapport tombe à point nommé dans la difficile application, sur le terrain, de la réforme portuaire. Il conforte l’utilité d’une évolution que la CGT n’a de cesse de contester. Il est vrai que sur les quais des Grands Ports maritimes, la tension monte. La moindre étincelle est prétexte à un mouvement de grève nationale, comme celui du 26 février, provoqué par des premiers mouvements sociaux au port de Nantes. Dans une situation économique pourtant déjà difficile, communautés portuaires et gouvernement tiennent bon jusqu’ici. Mais ce dernier pourrait être tenté de jeter du lest par ailleurs. Notamment dans le cadre de la réforme des ports intérieurs, dont tout le monde entend parler mais dont personne ne connaît aujourd’hui la teneur. De quoi faire beaucoup d’adeptes de la théorie du «…vivons cachés !»

N. S.



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